Nous avons rencontré Pablo Belime, co-fondateur du festival Atom, pour plonger au cœur de la démarche éco-responsable d’Atom.
Depuis 2018, ATOM Festival illumine les vallées d'Occitanie tous les deux ans, dans le village de Payra-sur-l’Hers. Mais au-delà de sa programmation axée sur les musiques hybrides, le festival s'est engagé dans une démarche écologique.
"On a profité de la pause forcée par le Covid pour remettre à plat notre projet ", explique Pablo. "On voulait s'assurer que le festival soit soutenable, non seulement écologiquement, mais aussi socialement et humainement, pour notre équipe ".
ATOM ne se contente pas de proclamer son engagement écologique. Le festival se fixe des objectifs chiffrés et les communique aux festivaliers :
"C'était risqué de donner des chiffres avant de faire les choses", reconnaît Pablo. "Mais c'est une manière de s'engager avec notre public et de se forcer à atteindre nos objectifs ". Une deuxième difficulté s'impose dans l'organisation d'un festival éco-responsable : le transport des artistes. "Faire venir des artistes depuis l'étranger sans utiliser l'avion, c'est un réel enjeu. Notamment pour le boulot que ça rajoute en production et les coûts de déplacements supplémentaires. Mais cette contrainte s'est transformée en opportunité pour programmer des artistes singuliers qui étaient bookés par d'autres festivals sur les mêmes dates et le fait d'être en biennal nous a donné le temps de nouer ces partenariats là", s'exprime Pablo.
ATOM s'engage également sur la parité dans sa programmation. Un défi qui a posé des questions en interne. "On s'est demandé si on devait imposer des quotas, si cela ne risquait pas de nuire à la liberté artistique. Nous avons un Comité d’inclusivité composé de huit bénévoles qui aident notre équipe sur ces enjeux ", confie Pablo.
Malgré les difficultés financières des premières éditions, ATOM a prouvé qu'il était possible de concilier écologie et viabilité économique. En 2023, le festival a atteint l'équilibre financier.
Clarence Dubois