Prendre soin des fêtards : Plongez au cœur de l’association Fêtons Plus Risquons Moins

© 
Devin

Le dispositif Fêtons Plus Risquons Moins, veille sur les fêtards toulousains. Grâce à ses intervenants, l’association déploie des actions de prévention et de réduction des risques, pour une fête bienveillante.

Toulouse, Place Saint-Pierre : la fête bat son plein. Au milieu de la foule joyeuse, un camion coloré trône discrètement. Derrière une table remplie de bouchons d’oreilles, de préservatifs et de brochures, une poignée de intervenants veillent, prêts à intervenir. Eux, ce sont les équipes de l’association Fêtons Plus, Risquons Moins, un dispositif dédié à la prévention et à la réduction des risques en milieu festif.

Depuis 2011, cette coalition d’une dizaine d’associations, allant de la santé communautaire aux acteurs médico-sociaux, arpente les nuits toulousaines. Leur mission ? Prévenir sans juger et surtout, prendre soin des fêtards. 

Une présence bienveillante au cœur de la nuit

« Fêtons Plus, Risquons Moins, c’est plus de 1350 actions réalisées depuis 2011 et 216 000 personnes rencontrées sur le terrain », explique Alexandre qui coordonne et gère le projet. Derrière ces chiffres impressionnants, se cache un travail rythmé par des interventions sur les grands rassemblements : festivals, clubs et espaces publics. Chaque week-end, l’association déploie ses équipes, que ce soit sur la place emblématique des bars de Saint-Pierre ou dans les entrepôts des soirées électro plus underground.

Loin des clichés, l’association souhaite accompagner sans culpabiliser. « On ne dit pas aux gens ne faites pas ça, on leur donne les moyens de faire la fête de manière plus safe ». 

Un engagement humain sous pression

Pour Alexandre, le dispositif repose sur les équipes de terrain : « C’est grâce aux intervenants et aux salariés que ce dispositif tient. Ils sont le cœur battant de Fêtons Plus ». Mais derrière la générosité de l’engagement, les conditions restent éprouvantes : horaires nocturnes, gestion de crises et confrontations aux violences. « À 3 heures du matin, quand les bars ferment et que les tensions montent, on est souvent en première ligne, entre les bagarres, les bad trips ou les situations d’agression ». 

Le dispositif peut tout de même compter sur des subventions de la Mairie de Toulouse, de l’Agence Régionale de Santé et de la Préfecture de Haute-Garonne. 

Adapter la prévention à une fête qui évolue

En quatorze ans, les pratiques festives ont profondément changé. « Avant, les gens restaient dans un même milieu : soit les bars, soit les raves. Aujourd’hui, ils naviguent d’un univers à l’autre, et leurs consommations aussi ». Cette polyconsommation complexifie la prévention. Entre mélanges d’alcool, de stimulants et de psychotropes, chaque combinaison implique de nouveaux risques.

Un autre défi majeur reste la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. « La fête reproduit et amplifie parfois les rapports d’oppression. Il faut déconstruire les comportements et rendre les espaces festifs plus sûrs pour toutes et tous ». Prendre soin des autres, c’est aussi ça, l’esprit de la fête.

Clarence Dubois 

tous nos articles

FILTRER PAR
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.